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Immobilier 2024 : viser 3,2 % nets dans les bonnes villes

par | Oct 4, 2025 | Finance

Investissement immobilier : en 2024, il rapporte en moyenne 3,2 % nets selon l’INSEE, malgré une hausse des taux à 4,1 % (janvier 2024). Tandis que la Bourse vacille, près d’un Français sur trois projette d’acheter un bien locatif cette année. Chiffre marquant : 210 000 transactions d’investisseurs ont été signées en 2023, un record depuis le début de la décennie. Pas de doute, l’appétit reste intact — à condition de choisir la bonne ville, le bon dispositif fiscal et un timing affûté.

Les nouvelles dynamiques 2024 du marché locatif

Les fondamentaux ont bougé. Entre 2020 et 2023, les loyers ont progressé de 6,3 % dans l’Hexagone, tirés par la pénurie de petites surfaces. Paris a ralenti (à +1,1 %), mais Lille (+7,8 %), Montpellier (+9,2 %) et Nice (+8,5 %) ont pris le relais. Le télétravail, l’essor des nomades digitaux et la loi Climat (qui interdit la location des passoires thermiques G à partir du 1ᵉʳ janvier 2025) redessinent la carte.

D’un côté, les grandes métropoles historiques offrent la sécurité patrimoniale ; de l’autre, les villes moyennes captent la rentabilité. C’est le prisme qu’adoptent désormais les analystes de la FNAIM et de BNP Paribas Real Estate.

Pression démographique et mobilité

  • 280 000 nouveaux étudiants attendus dans l’enseignement supérieur d’ici 2028 (ministère de l’Éducation).
  • 2,3 millions d’actifs se déclarent en télétravail régulier (DARES, 2024).
  • 52 % des bailleurs particuliers visent désormais des baux de moins de trois ans, type LMNP ou coliving.

Ces chiffres confirment la soif de flexibilité des locataires, un changement profond face au bail classique de neuf ans.

Pourquoi les villes moyennes deviennent-elles les nouvelles capitales de la rentabilité ?

La question revient dans chaque séminaire professionnel. Réponse courte : l’écart prix/loyer est plus favorable. Prenons Angers : 3 200 €/m² pour un T2, 11,8 €/m² de loyer moyen, soit un rendement locatif brut supérieur à 4,4 %. À Paris, la même équation tombe à 2,9 %.

Qu’est-ce que le micro-foncier optimisé ?

Le micro-foncier est un régime fiscal simplifié destiné aux bailleurs percevant moins de 15 000 € de loyers annuels. Depuis 2023, un abattement forfaitaire de 30 % s’applique. Pourtant, avec une rénovation énergétique financée via MaPrimeRenov’, on peut abaisser la base imposable de 45 % en cumulant les charges réelles ; le micro-foncier « optimisé » consiste à switcher au régime réel l’année des gros travaux, puis à revenir au forfait l’année suivante. Simple et puissant.

Zoom sur trois territoires gagnants

  • Brest : +10,1 % de hausse des loyers en deux ans ; pôle naval, campus d’ingénieurs, TGV à 3 h de Paris.
  • Nancy : rentabilité brute à 4,7 %, 55 000 étudiants, programme Cœur de Ville.
  • Villeurbanne : adossée à Lyon, tickets d’entrée plus faibles, tension locative due aux 8 000 nouveaux habitants depuis 2019.

Innovations fiscales à saisir dès cette année

La loi Pinel « Plus » a réduit ses avantages en 2023, mais d’autres pistes gagnent en pertinence.

H3 – LMNP et amortissement accéléré

Le statut Loueur meublé non professionnel permet d’amortir le bien sur 25 à 30 ans. Nouveauté 2024 : l’amortissement accéléré sur trois ans des équipements éligibles à la transition énergétique (pompe à chaleur, panneaux solaires). Bercy confirme un taux de déduction fiscalement neutre de 100 % sur ces postes.

H3 – Denormandie élargi

Initialement cantonné aux centres-villes dégradés, le dispositif Denormandie couvre désormais 327 communes. Condition : 25 % du prix d’achat investi en travaux. Résultat : réduction d’impôt de 21 % sur 12 ans, proche du Pinel originel.

H3 – Coliving et TVA à 10 %

Expérimenté à Bordeaux et à Nantes, le coliving bénéficie d’une TVA réduite à 10 % si l’immeuble propose services mutualisés (espaces de coworking, salle de sport). Avantage double : fiscalité allégée et loyers supérieurs de 15 % au marché traditionnel, selon CBRE (mai 2024).

Stratégies gagnantes : cas pratiques et retour de terrain

Je termine toujours mes visites par la chaudière. Le 14 mars 2024, à Tours, j’ai vu un studio de 19 m² négocié 87 000 €, passoire thermique notée G. Après devis, l’isolation + la VMC double flux coûtaient 8 500 €. En basculant en LMNP, l’investisseur amortit ces travaux, grimpe la note à D et loue déjà 540 €/mois. Sa rentabilité nette dépasse 5,1 %. L’exemple illustre une vérité : la valeur verte rebat les cartes.

D’un côté, les acquéreurs patrimoniaux préfèrent une SCPI diversifiée (ex. : Corum Origin, rendement 2023 de 6,06 %). Mais de l’autre, les investisseurs plus offensifs misent sur les marchands de biens ou le crowdfunding immobilier, avec des tickets dès 1 000 € et 8 % de rendement annuel (non garanti). Deux approches, un même objectif : battre l’inflation qui s’établit à 2,9 % en glissement annuel (avril 2024).

Trois leviers pour sécuriser un projet

  1. Exiger un DPE post-travaux avant l’acte authentique.
  2. Négocier un différé d’amortissement de 24 mois avec la banque (Crédit Agricole, Société Générale le proposent déjà).
  3. Mutualiser les risques via un compromis entre pierre « en direct » et véhicules gérés (SCPI, OPCI).

Le mot de la rédactrice

Je l’admets : arpenter les chantiers à l’aube et décrypter des bilans comptables n’a rien de glamour. Pourtant, le sourire d’un primo-investisseur qui signe son premier bail me rappelle pourquoi j’écris. Si vous partagez cette curiosité pour la fiscalité immobilière, les tendances de la proptech ou le financement participatif, gardez un œil sur nos prochaines analyses ; le marché, comme la pierre, vit et évolue chaque jour.